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Camille Adébah AMOURO |
Biographie :
Né le 26 juin 1963 à Boukoumbé, au Bénin. Etudes secondaires à Cotonou. Etudes supérieures de lettres modernes à l'Université Nationale du Bénin. A ensuite suivi plusieurs stages d'entrepreneur culturel en Afrique et en France. Boursier de la Fondation Beaumarchais, il a bénéficié en 1990 d'une résidence d'écriture à Limoges dans le cadre du Festival International des Francophonies. Il est poète, dramaturge et metteur en scène. A publié de nombreux poèmes dans les revues Prométhée, La Plume, Ecritures nouvelles, et Après-demain.
Plusieurs de ses pièces ont été créées sans avoir été publiées: Les rescapés de l'anti-univers (1988), Retour aux sources (1989), La traversée (1990), Conférence de presse du premier ministre sur les tenants et aboutissants de la nouvelle démocratie (1991), Guadalupe (1993), La femme du président (1993), Le retour des rapaces (1993), Les enfants de Kigali (1994).
Sa pièce la plus connue est Goli, créée à Cotonou en 1988. En décembre 1993, il a créé et dirige depuis cette date La Médiathèque des Diasporas, un espace culturel installé depuis janvier 1998 à la Place du Souvenir (ex Place des Martyrs) à Cotonou.
Publications :
- Miagbadogo (recueil de poèmes). Cotonou: Editions Camoura, 1988.
- Goli (théâtre). Canières (Belgique): Editions Lansman, 1991.
Extrait(s) :
LAWIN
Dans le monde où les hommes ne sont pas fous, il y a une morale qui domine toutes les autres morales. C'est celle qui vous permet de dire à un vieillard qu'il ment quand il ment. Celle qui vous permet de frapper le maître de morale lorsqu'il n'est pas sage, d'insulter le père du ministre de l'élevation lorsqu'il est mal élevé, le ministre du culte s'il est inculte, d'ouvrir le cerveau du roi et de le graisser si le roi ne sait que brailler. C'est la morale qui vous permet de penser, vous oblige à penser.
LAWIN
Et voici où commence l'exil dans les temps. Ma mort a oublié son pantalon dans les toilettes. Et nos plaintes ne sont que des vomissures où la nuit galope à pleine allure. Et la mer s'avance plus loin, là-bas. Dans l'immensité de la souillure, dans la grandeur de l'anxiété, dans le cul-de-sac jeunesse. Et je me suis débattu seul à travers mes asiles éternels pour vider et décanter la mer. Et la mer s'avance plus noire, là-bas, à quelques mètres de la vérité. A quelques petits mètres. A quelques tout petits mètres. Et il n'y a pas de mot pour traduire le mal golitique.
In Goli