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Blaise APLOGAN |
Biographie :
Né en 1958 à Porto-Novo. Etudes secondaires au C.E.S. Djassin à Porto-Novo et au Collège Aupiais à Cotonou. Baccalauréat série C en 1978. Ebauchées au Bénin dans la foulée de l'embrigadement des années révolutionnaires, ses études supérieures furent reprises et poursuivies en France à partir de 1981, d'abord à l'Université de Paris VII puis à Paris VI où il reçut une double formation en mathématiques et en sociologie. Une formation doctorale consacrée à La rhétorique du discours mathématique de Nicolas Bourbaki, achevée en 1996 à l' Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, a fait le lien entre ces deux disciplines. Actuellement, il réside à Paris et enseigne les mathématiques parallèlement à ses activités littéraires.
Publications :
- La kola brisée (roman). Paris: Ed. L'Harmattan, 1990.
- Les noces du caméléon (roman). Paris: Ed. L'Harmattan, 1996.
Extrait(s) :
"(...) Depuis six ans, grâce aux exhortations de monsieur Gaspard, j'ai décidé d'attendre l'arrivée de Martie. Vous voyez docteur rien qu'en pensant à elle, je n'arrive pas à dormir la nuit car cette histoire m'intrigue énormément. Dans ces conditions , docteur, quand je parle de malédiction, il ne s'agit pas de propos gratuits ou imaginaires. Il ne s'agit pas de délires associatifs à l'état pur, ni d'affabulations morbides.
Et j'espère que ce n'est pas vous qui y verriez des superstitions d'un jeune zoulou exilé, désorienté et en mal de culture mystique. Le fait est que j'ai des preuves, des preuves palpables. Il y a bel et bien cette malédiction qui me poursuit. Je suis heureux que la célébration de cette fête des Droits de l'Homme vous donne l'occasion de venir m'écouter et de me donner la kola de mon père. Je vous demande non pas de me confesser mais de vous pencher sur mon cas avec votre âme de médecin."
In La kola brisée
"(...) Pendant mon sommeil, j'ai rêvé que j'avais rendez-vous avec des gens aimables et bien élevés. Ces gens étaient en principe des gens sur qui je pouvais compter, c'est à dire qu'ils avaient tout l'air... comment dirais-je? Gentils, humains, vous-voyez?
- Oui, je vois...
- Mais, (...) quand je les ai rencontrés, j'ai su qu'ils étaient masqués et que leur humanité n'était qu'un leurre. Alors, une fois démasqués, ils se montrèrent implacablement cruels à mon égard, ils me ligotèrent et versèrent sur moi un tonneau de goudron, me laissant pour mort sur une chaussée déserte en pleine nuit, vous-voyez?
- Oui, bien sûr, je vois...
- A la fin, (...) j'ai été soulagé de constater, dans un premier temps, qu'il ne s'agissait que d'un simple cauchemar. Dans un tel cas, docteur, vous en conviendrez avec moi, on est très heureux de se retrouver sain et sauf, de revenir à la réalité et de se sentir en liberté. Mais en allumant la lampe, (...) je me suis aperçu qu'en fait, c'est mon corps tout entier qui était devenu noir(...)"
In Les noces du caméléon
"Le titre "La kola brisée" fait certes très exotique mais il reste une métaphore confuse qui échoue à rendre compte du contenu du roman. On pourrait dire que le livre est sauvé par la ferveur de l'engagement de son auteur dans la lutte contre le racisme, pour la reconnaissance des droits de l'Homme et la fraternité entre les hommes (...)."
Guy Ossito MIDIOHOUAN, "La kola brisée, un roman de Blaise APLOGAN"
In Le Forum de la semaine, n° 90 du 15 au 21 janvier 1992